
En cause, selon des témoignages concordants recueillis par l’association Citoyenneté en attente, les comportements violents et menaçants d’une résidente souffrant de troubles psychiques sévères.
Un conflit sérieux, antérieur aux faits récents, avait déjà opposé cette même personne à un voisin. À l’issue de cet épisode, une solution alternative avait été proposée à ce dernier, qui a finalement quitté son logement. Pour l’association, cet élément illustre une gestion du problème par le déplacement des victimes plutôt que par un traitement durable de la situation.
Loin de s’apaiser, les tensions se sont depuis aggravées. Ces dernières semaines, une résidente a été victime d’une agression physique et a déposé une main courante auprès des services de la police municipale, afin de signaler les faits. Dans un autre épisode jugé particulièrement grave, un habitant affirme avoir échappé de peu à un renversement volontaire par le véhicule de la même personne.
Face à ces faits, Citoyenneté en attente affirme avoir multiplié les démarches. L’association a d’abord alerté formellement le bailleur, puis la municipalité, sollicitant une prise en charge adaptée et la mise en place de mesures garantissant la sécurité des résidents. Selon l’association, le bailleur s’est limité à proposer une médiation, sans engager de dispositif complémentaire de protection ou d’accompagnement.
Cette médiation a échoué : les habitants se sont présentés à la rencontre, tandis que la personne mise en cause a refusé d’y participer. «La médiation ne peut constituer une réponse unique lorsque la sécurité des personnes est en jeu», souligne l’association.
Sur le plan juridique, Citoyenneté en attente rappelle que l’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur de garantir aux locataires une jouissance paisible de leur logement, ce qui suppose d’agir lorsque des troubles graves et répétés compromettent leur sécurité. Elle souligne également que le maire dispose, au titre de l’article L.2212-2 du Code général des collectivités territoriales, de pouvoirs de police administrative visant à assurer la sûreté et la sécurité publiques.
Les faits signalés — agressions physiques, menaces et mises en danger d’autrui — sont susceptibles de qualifications pénales. En cas d’inaction prolongée malgré des alertes formelles, la responsabilité des gestionnaires ou des autorités pourrait être engagée si un incident grave venait à se produire.
Après plusieurs mois de démarches restées sans effet concret, l’association a choisi de rendre l’affaire publique. Elle appelle désormais à une intervention rapide et coordonnée des acteurs concernés afin d’éviter une nouvelle dégradation de la situation. Pour les habitants, l’enjeu dépasse le simple conflit de voisinage: il s’agit de faire respecter un droit fondamental, celui de vivre en sécurité dans son logement.



