
À Roubaix, les automobilistes n’ont plus besoin d’être pris sur le fait par un agent pour recevoir une contravention. Depuis 2017, la ville a recours à un dispositif de vidéo-verbalisation : grâce au réseau de caméras installées sur la voie publique, les infractions routières peuvent être constatées à distance.
L’objectif affiché est clair : renforcer la lutte contre l’insécurité routière et inciter les usagers à respecter strictement le code de la route, notamment en zone urbaine.
Environ trente comportements sont sanctionnables sans interception du conducteur. L’avis de contravention est alors directement envoyé au propriétaire du véhicule. Parmi les plus fréquents : le non-respect de la priorité piéton, le franchissement d’un feu rouge, le téléphone au volant, la circulation en sens interdit ou encore le non-port du casque.
Mais ce sont surtout les infractions liées au stationnement qui sont ciblées par l’association citoyenneté en attente. Même un arrêt très bref peut coûter cher. Monsieur N en a fait l’amère expérience: pour s’être arrêté à plusieurs reprises «juste quelques minutes» sur une place payante, il a déjà reçu cinq amendes.
Les contrôles ne reposent plus seulement sur les agents de terrain. Les opérateurs vidéo, depuis leur poste, constatent les infractions et dressent procès-verbal. Peu importe la durée de l’arrêt : dès qu’une infraction est constatée, la sanction tombe.
Une exception qui fâche
Certaines catégories de véhicules échappent cependant à ce régime strict. C’est le cas notamment de ceux d’Ilévia, le réseau de transports en commun de la Métropole Européenne de Lille (MEL). Bus, navettes et véhicules de service bénéficient d’une tolérance totale, au nom de la mission d’intérêt public qu’ils assurent.
Pour les autorités locales, cette exception se justifie par la nécessité de ne pas entraver le fonctionnement du réseau métropolitain dans des zones urbaines déjà saturées.
Mais ce passe-droit alimente les critiques. «Pourquoi les citoyens ordinaires devraient-ils payer pour quelques minutes d’arrêt quand d’autres en sont dispensés ?», s’indigne un automobiliste roubaisien.
Un sentiment d’injustice croissant
Alors que la vidéo-verbalisation multiplie les contraventions, l’exemption accordée à Ilévia relance le débat sur l’égalité de traitement. Beaucoup de conducteurs estiment que le dispositif, censé améliorer la sécurité et la fluidité, creuse en réalité le fossé entre usagers ordinaires et services publics.
Il convient de souligner que nous tentons de contacter les différentes parties concernées afin de préparer une enquête vidéo complète, qui présentera toutes les facettes de ce dossier.
N’hésitez pas à réagir à cet article et à nous envoyer vos contributions.




