Nord : quand les terres agricoles disparaissent sous le béton
Le Nord figure parmi les cinq premiers départements français pour la production de pommes de terre, petits pois, navets, endives et poireaux. Ses éleveurs produisent à eux seuls 700 millions de litres de lait chaque année. Sur le papier, la souveraineté alimentaire du département semble assurée.
Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Dans quelques années, ces terres fertiles pourraient accueillir tout sauf de l’agriculture. Zones d’activités, aires de stockage, parcs de logements… chaque année, 900 hectares disparaissent dans le Nord-Pas-de-Calais, l’équivalent de 1 200 terrains de football.
Sur Internet, des dizaines de petites annonces proposent des parcelles agricoles à la vente. Contacté par nos soins, un propriétaire admet: «Depuis 2017, je n’ai jamais utilisé ma parcelle pour l’agriculture.»
Pour changer la vocation d’un terrain agricole, il faut obtenir son déclassement, une procédure qui passe par le maire et doit être intégrée au plan local d’urbanisme (PLU), qui délimite les zones constructibles et celles réservées à l’agriculture.
Dans un village proche de Lille, nous avons constaté que l’usage détourné des terres est particulièrement visible: certaines parcelles servent de décharges, de dépôts de gravats ou de stationnements improvisés.
Le code de l’urbanisme est clair: seules les constructions nécessaires à l’exploitation agricole ou au stockage du matériel sont autorisées. Mais face à la pression foncière et à l’attrait économique de ces terrains, les garde-fous semblent fragiles. Quelques minutes de marche suffisent parfois pour tomber sur un énorme chantier. Pour mesurer l’ampleur des dégâts, il faut parfois prendre un peu de hauteur.
Nous avons réalisé une courte vidéo sur ce sujet intitulée: Terres détournées et poursuivons actuellement notre enquête.
Si vous avez un témoignage ou une proposition à nous transmettre, n’hésitez pas à nous contacter.
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